En ce temps-là…

Chaque fois que vient l’été cela me ramène inexorablement à un village du Sud, proche de Béziers et sur la route qui menait du côté de Puisserguier (du moins c’est ce que je crois).

Lorsqu’une voix trop forte écorche ma patience je me dis que là-bas tous les jours, et même plusieurs fois par jour, le garde champêtre donnait de la voix qui retombait depuis le haut parleur en haut du beffroi au milieu du village pour dire aux habitantes et aux habitants que chez le poissonnière la pêche était là toute fraîche arrivée, ou que « le gaspilleur marseillais » était sur la place de la Mairie avec ses marchandises.  Et il nous vantait les sandalettes de toile, les outils indispensables pour réparer les petites pannes que ce marchand était prêt à vendre aux ménagères « avisées ». Ou bien annonçait-il le passage du berger et de son long troupeau de moutons agacés par les chiens. Cette longue route qui menait le troupeau vers l’Espagne me disait-on et qui laissait derrière lui une puissante odeur de suint qui faisait plisser les narines des petites filles vêtues de robes claires et légères avec des cols en broderies blanches. Parfois aussi disait-il la grêle menaçant les vignes… Et tout ce dont je voudrais me souvenir et que j’ai mis quelque part à l’abri du temps qui passe, trop bien rangé pour le dire aujourd’hui.

Ici vous êtes dans l’avenue que nous appelions de la gare, mais qui porte le nom d’un célèbre écrivain, tant j’ai couru dévalant avec les chiens de mon grand-père paternel cette rue au risque de me retrouver les genoux sérieusement couronnés (cela m’arriva plus qu’à mon tour !) que j’étais devenue imbattable sur le cent mètres. Pour ce que j’en ai fait !

Il y avait à cette époque-là un superbe platane devant la maison, platane qui un jour m’évita de me briser une jambe, car j’avais la manie de grimper partout, sur les toits, sur les bords des balcons, sur les grilles ! J’étais un « cheveau échappé » ainsi que le disaient les vieilles personnes, la petite Bordelaise que ses parents avaient ramenée au pays !

Tiens il me faudra vous parler du 14 juillet là-bas, quand nous nous ressemblions tous : les bruns, les châtains et les blonds et parfois des roux comme moi ! 

A +

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»