Pour changer : la soupe au pauvre homme.

Non non il n’y a pas de piège, pas de traduction de ressentis de crise ! Simplement une odeur d’enfance qui traîne un peu par là.
Ma grand-mère d’ici appelait ce tourin « la soupe au pauvre homme ». Notez qu’il m’a fallu bien du temps pour comprendre la différence entre son tourin à l’ail (dit aussi tourin à l’ivrogne) et ce potage claret . Dans les deux il y avait de l’ail dégermé, soit un peu d’huile d’olive soit un peu de graisse d’oie,  parfois quelques fines tranches tranches d’oignon y venaient s’y rendre transparentes et parfumées,  s’ajoutait un bon litre soit de bouillon de volaille, soit d’eau simplement salée et tout mijotait avec un petit bouquet garni. Puis elle battait un à deux jaunes d’oeufs avec une cuillère de bon vinaigre et versait ceci dans son bouillon en fouettant rapidement (je pense que c’était pour que l’amalgame se fasse bien). Ensuite cela allait dans la soupière appropriée – celle des tourins quels qu’ils fussent – et elle y diluait les blancs d’oeufs en les effilochant, puis versait le tout dans les assiettes calottes réservées à certaines soupes (il y en avait de la vaisselle à cette époque-là !) et y plaçait des tranches de pain rassis qui ressemblaient à des îles incongrues s’enfonçant en perdition dans le fond de nos assiettes !

Si cela venait à vous tenter essayez donc, sur une nappe à carreaux,  sans oublier comme je l’ai fait d’y ajouter quelques tours de moulin à poivre !

Ah j’oubliais de vous dire la différence : c’était que si les fonds manquaient un peu le bouillon était bel et bien remplacé par de l’eau salé et qu’un seul oeuf agrémentait le plat et c’est ainsi que ce brouet devenait une « soupe au pauvre homme ».

A bientôt.

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